UN SALAIRE MINIMUM VITAL POUR LES TRAVAILLEURS DE L’HABILLEMENT EN ASIE
La plupart des travailleurs qui produisent nos vêtements gagnent moins de 1,5 euros par jour. C’est insuffisant pour vivre. Pour couvrir ses besoins fondamentaux, une travailleuse du Bangladesh devrait gagner un salaire cinq fois plus élevé que le minimum légal auquel elle est payée. En Chine, cet écart est de 2,4. En Inde de 1,6.
Comment rompre ce cercle vicieux de la compétitivité basée sur l’exploitation des travailleurs ?
La campagne pour l’Asia Floor Wage démarre ce 7 octobre 2009. Elle revendique un pouvoir d’achat décent et identique pour tous les travailleurs de l’habillement, qu’ils soient Sri-lankais, Indonésiens, Indiens, Chinois, Bangladeshis ou Thaïlandais. Cette campagne de longue haleine se développe dans ces pays sous forme de mobilisation des travailleurs et de renforcement du dialogue social en entreprise. Elle a besoin du soutien de tous, de nous, travailleurs, citoyens, consommateurs européens.
Pour un salaire minimum vital dans l’industrie de l’habillement en Asie
C’est en Asie qu’est aujourd’hui produite la majorité des vêtements vendus sur le marché mondial. Le continent contribue pour 60% de la production mondiale. Plus de 100 millions de personnes y travaillent dans le secteur de la confection. La plupart sont des femmes. Malgré le rôle central qu’elles et ils occupent dans cette industrie fortement dépendante du capital humain, ces travailleuses et ces travailleurs ne bénéficient pas d’une part équitable de la richesse qu’ils génèrent. En moyenne, leur rémunération couvre à peine la moitié des revenus dont ils ont besoin pour satisfaire leurs besoins essentiels et ceux de leur famille.
Depuis 2005, des leaders syndicaux et des militants du droit du travail asiatiques ont mis en commun leurs expériences et ont progressivement développé une stratégie collective pour faire face à cette situation. Ils ont ainsi forgé une alliance internationale pour soutenir les luttes des travailleurs de l’habillement. Aujourd’hui, cette alliance grandissante compte quelque 70 syndicats, organisations de défense des droits humains et du travail, ONG de développement, organisations de femmes et universitaires dans 17 pays d’Asie , d’Europe et d’Amérique du Nord.