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Bangladesh - Le prix de nos T-shirts   
 

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Dossier : Bangladesh : Le prix de nos T-shirts

Deux ans après l’effondrement de l’usine de leur fournisseur Spectrum
DES ENTREPRISES EUROPÉENNES PARTICIPENT À UN FONDS VOLONTAIRE D'ASSISTANCE AUX VICTIMES

Exceptions notables : Carrefour et Cotton Group













 Bruxelles 11 avril 2007
– Dans un dossier publié aujourd’hui, la Campagne Vêtements Propres fait le point sur « Le prix de nos T-shirts ». T-shirts entre autres vendus par les clients de Spectrum dont l’effondrement, il y a deux ans, jour pour jour, laissait 64 familles endeuillées et 84 travailleurs blessés dont certains dorénavant invalides. Le dossier n’économise pas les descriptions de conditions de travail scandaleusement dangereuses, ni ne ménage la responsabilité des clients occidentaux.
De responsabilité sociale il en est aussi question pour les entreprises clientes de Spectrum. Près de deux ans après la catastrophe, les premiers versements aux victimes sont enfin en cours à partir du fonds volontaire d'assistance auquel contribuent des clients européens de l’entreprise. C’est une première dans l’histoire de l’industrie de l’habillement au Bangladesh. Carrefour et The Cotton Group ont cependant refusé d’y participer jusqu’ici.

Pour rappel (voir aussi les précédentes actualisations), l’usine Spectrum - Sharhriyar fournissait de grosses entreprises européennes telles que Karstadt Quelle, Carrefour et Inditex (Zara). La société belge The Cotton Group, vendue récemment au suédois Kwintet, y faisait produire ses tee-shirts B&C depuis de longues années.

Au cours de l’été dernier, Inditex a diffusé auprès des clients de Spectrum une proposition de fonds volontaire d'assistance aux victimes évalué à 533.000 euros. Outre les versements initiaux en cours, le fonds doit permettre le payement de pensions mensuelles aux travailleurs invalides et aux familles des travailleurs défunts. La gestion locale du fonds est confiée à la représentation d’Oxfam Grande Bretagne au Bangladesh, l’ONG bangladaise Incidin ainsi que des représentants syndicaux.


« La mise en route des versements liés au fonds d’indemnisation est un réel soulagement », dit Carole Crabbé, coordinatrice de la Campagne Vêtements Propres qui pendant ces deux années a soutenu les demandes des travailleurs et des familles vis-à-vis des clients de Spectrum. Ces indemnités constituent une compensation minimale attendue depuis longtemps. L’effondrement de l’usine a en effet plongé les familles des travailleurs restés invalides ou tués dans une situation d’extrême pauvreté, balayant bien souvent la seule source de revenus du ménage. « Je ne sais pas où trouver l’argent pour acheter du lait pour mon fils de 6 ans, payer ses frais d’école ou le traitement médical dont ma mère a besoin », a confié Nur E Alam, 30 ans, qui a perdu son bras gauche après avoir attendu les secours pendant 17 heures sous les décombres de l’usine. « Pour survivre, ajoute-t’il, nous sommes contraints d’emprunter. »

Plusieurs entreprises se fournissant auparavant auprès de Spectrum et de l’usine Shahriyar mitoyenne se sont engagées à participer au fonds d’indemnisation. Il s’agit de Inditex (Espagne), KarstadtQuelle (Allemagne), New Wave Group (Suède), Scapino (Pays-Bas) et Solo Invest (France).
D’autres entreprises ne se sont pas engagées dans le fonds. Il s’agit de Carrefour (France), The Cotton Group (Belgique), New Yorker, Steilmann, Kirsten Mode et Bluhmod (Allemagne).

« L’attente a été longue pour les familles. Mais leur persévérance a payé », a déclaré Amirul Haq Amin, secrétaire général du NGWF (Fédération nationale des travailleurs de l’habillement), l’un des syndicats représentant les travailleurs de Spectrum. « La lutte menée au niveau local et soutenue par la dénonciation internationale de la situation injuste des victimes, a poussé des entreprises s’approvisionnant auprès de Spectrum à faire ce qu’il fallait. Nous poursuivrons notre démarche vis-à-vis de tous les clients pour qu’ils prennent leurs responsabilités vis-à-vis des travailleurs de Spectrum aussi bien que de l’ensemble des travailleurs de l’habillement au Bangladesh qui, pour la plupart d’entre eux, continuent à produire dans des conditions dangereuses. »

Carrefour et Cotton Group

La Campagne Vêtements Propres interpelle en particulier The Cotton Group et Carrefour qui ont jusqu’ici refusé de se joindre au fonds d’indemnisation. Ces deux sociétés tout comme tous les clients de Spectrum ont tiré profit de ses travailleurs payé à bas prix, sans couverture sociale, fermant les yeux sur leurs conditions de travail extrêmement mauvaises.

Carrefour et The Cotton Group montreraient qu’ils prennent sérieusement en compte leurs responsabilités sociales en contribuant au fonds d’indemnisation et en collaborant sur le terrain avec des syndicats locaux et des ONG crédibles.

Informations complémentaires, dossier et interview : Carole Crabbé - Tél 010 45 75 27



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